J’aime lire. Notamment la presse d’actualités quotidienne et périodique, particulièrement économique et financière. C’est pour moi une mine d’informations, de pistes de réflexions, de nouvelles idées. Ce qui m’intéresse surtout c’est de pouvoir en retirer quelque chose de pratique que je puisse mettre en action à mon niveau, dans mon activité. Je ne suis pas un théoricien ; par contre, je pense que l’on apprend beaucoup par le partage de ses opinions et de ses expériences ; c’est d’ailleurs l’idée sous-jacente de ce blog :-)
Ceux d’entre vous qui ont l’habitude de feuilleter le magazine belge Trends Tendances connaissent très certainement les noms de Rudy Aernoudt et Geert Noels ; deux collaborateurs indépendants et réguliers du périodique. Le premier est secrétaire général au département EWI (Economie, Wetenschap en Inovatie... traduisez Economie, Sciences et Innovation) du gouvernement flamand ; le second, économiste en chef chez Petercam. Dans leurs rubriques respectives, les deux chroniqueurs partagent régulièrement leurs opinions sur des sujets divers et variés. Ce sont deux pages que j’apprécie beaucoup et que je ne manque jamais de lire... Les propos sont souvent engagés, parfois polémiques, mais -selon moi- toujours empreints de bon sens.
Dans le numéro 24 du 14 juin dernier, Rudy Aernoudt s’exprimait (dans un article intitulé « Recherche dirigeants charismatiques ») sur la situation post-électorale de ce mois de juin 2007. L’on pourrait résumer son propos en deux phrases : « Une société où le non travail est le modèle, est condamnée à perdre sa compétitivité » et « Pour réaliser les réformes indispensables dont la Belgique a besoin, il ne nous faut pas une tripartite paralysante mais un gouvernement réunissant des hommes d’Etat charismatiques (au lieu de politiciens) et une opposition proactive forte ». Pour Rudy Aernoudt, le système social et fiscal du pays fait de la Belgique (le seul pays d’Europe où les allocations de chômage sont illimitées dans le temps) « un paradis pour chômeurs ». Les salaires sont trop faibles par rapport aux allocations et encouragent les gens à ne pas travailler, du moins pas dans le circuit officiel. Entre-temps, les employeurs se lamentent d’une pénurie de main d’oeuvre (il y aurait 200.000 emplois vacants en Belgique) faute d’un niveau global de formation inadéquate. Et Aernoudt de conclure : le défi majeur qui attend le nouveau gouvernement sera donc de faire bouger les mentalités en conduisant des réformes indispensables qui dépassent enfin le stade des déclarations d’intention... il ne reste à espérer qu’il le relève.
Très franchement, mon objectif n’est pas d’entretenir un blog politique... mais un entrepreneur comme moi ne peut qu’abonder dans le sens du propos de Rudy Aernoudt. Bien évidemment, si le problème était simple, il aurait été résolu depuis longtemps... Mais la gestion d’entreprise et l’administration de la chose publique ont en commun que fatalité et résignation ne sont plus des options aujourd’hui.
Dans le même numéro, une dizaine de pages plus loin, c’est l’opinion de Geert Noels qui s’exprime dans un article baptisé « L’Europe penche vers l’Est ». Dans sa chronique, Noels compare les économies américaines et européennes et se demande pourquoi l’Europe se porte-t-elle mieux que les Etats-Unis ? La réponse : l’économie européenne est tournée vers l’Est, alors que l’américaine est repliée sur elle-même. Pour lui, 2005 est une année charnière, un fait historique : c’est à partir de cette année que -pour la première fois- l’économie européenne est davantage tournée vers l’Est que vers l’Ouest. Pour Noels, ce virage à l’Est a supporté le redressement économique de la zone euro alors que les Etats-Unis connaissaient la récession. Pour l’économiste en chef de Petercam, la conclusion est donc limpide et la nouvelle règle vaut pour toutes les entreprises : « Définissez une stratégie pour l’Est ou vous ne serez peut-être plus là dans 10 ans ».
Inutile de vous dire que pour ma part, Geert Noels prêche un convaincu... !
Je vous ai déjà longuement entretenu de nos développements en Roumanie. Je vous raconterai d’ailleurs encore une autre histoire à ce sujet d’ici peu...
Je voulais partager ici avec vous les récits de deux chroniqueurs que j’ai plaisir à lire régulièrement.
Je ne me pose ni en juge, ni en admirateur de leurs propos. Je le répète, ce qui m’intéresse, c’est de glaner des avis, des opinions, des idées... et de pouvoir les mettre à l’épreuve de ma propre réalité.
Monsieur,
Je crois volontiers à des écarts inopportuns entre revenus du travail et
allocation de l'assurance chômage. En revanche, je ne crois ni à une politique paradisiaque pour chômeur, ni à un enfer pour les employeurs.
Mon avis est que que nous payons beaucoup trop cher un service d'une qualité moyenne voir médiocre. L'efficience est ce qui manque le plus dans l'utilisation des moyens mis à la disposition des instituions publiques belges. Multiplicité des réseaux, des aides divers, des obligations différentes qui se ressemblent mais doivent être répliquées envers certaines administrations,... L'employeur se plaint que l'employé coûte cher , et l'employé se plaint de ce qui lui reste pour ses dépenses.
On subventionne des emplois à but de formation, mais les contrôle n'existent pas ou sont feints sur le contenu et l'adéquation de la formation.
Nous sommes arrivés à un point où le coût d'administration des transferts vient rogner l'essentiel de la plus-value de l'aide initialement mise en place.
(Pour info, j'ai été au chômage, employé et entrepreneur.)
Rédigé par: Michel Monette | 21/02/2009 à 22:11