Après avoir lu ma dernière note, Frère Matthieu m'a écrit un e-mail pour me donner son sentiment sur le texte... Je le trouve particulièrement intéressant et je vous le livre ici (après lui avoir demandé l'autorisation, bien entendu... :-)
Cher Pascal,
De retour pour quelques jours chez mes parents, j’en profite pour me reposer un peu.
Les cinq messes sur le week-end et la conférence que Monsieur le doyen de Peruwelz m’a demandé d’assumer, plus mon devoir d'électeur, m’ont laissés le temps d’aller visiter ton “blog”.
Je suis très touché par ce que tu y as écrit. Il faut dire que j’apprécie beaucoup ce regard “latéroscopique” que des personnes qualifiées dans un tout autre domaine que le nôtre posent sur nos activités. Personnellement, je ne me suis jamais analysé comme un “entrepreneur”, bien que ce terme me semble tout à fait adapté, mais je reconnais m’inscrire dans le sillage d’une très longue épopée monastique qui a façonné le paysage européen depuis plus de mille an. La toute petite goûte d’eau d’Adunatii Copaceni est un bourgeon contemporain de cet élan vital que l’inculturation de l’Evangile du Christ a fait éclore dans ce printemps roumain de l’après 1989. Même si mes frères et moi-même en sommes de fait les acteurs et que nous en éprouvons une légitime fierté, notre initiative doit être lue et analysée dans cette perspective historico-critique de la vitalité pluri millénaire d’une église au service de l’homme dans tous les conditionnements où celui-ci évolue à travers les siècles...
Ton champs sémantique exprime comme de l’extérieur mais avec justesse et pertinence notre fougue ardente fondée sur l’abandon à la Sainte Providence qui te semble une insupportable contrainte que nous vivons dans la plus grande sérénité. Pour nous chaque don, même le plus modeste, chaque geste d’amitié et d’encouragement comme le tien, valide au quotidien notre marche dans la bonne direction. La chance, l’opportunité, les rencontres providentielles tout comme les difficultés de personnes, de moyens, de circonstances sont des indicateurs permanents qui nous permettent de saisir avec acribie les options à prendre pour poursuivre notre “entreprise” au delà des résultas quantifiables immédiats. Dans ce contexte tout autre que le tien, on pourrait dire que nos “actionnaires” sont plus nos bénéficières que nos donateurs; pour ces derniers, nous en sommes sûrs, les “dividendes” ne manqueront certes pas dans l’éternité qu’ils y croient ou pas. Nous prions pour eux dans la discrète et sincère reconnaissance de notre vie donnée et la joie qui nous habite...
Dans l’heureuse perspective de te revoir et de continuer nos échanges;
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frère Matthieu
Congrégation Saint Jean
Bucuresti
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