Fin de la semaine dernière, j’ai eu l’opportunité d’effectuer un petit voyage business très instructif en Pologne. J’y suis allé en tant qu’invité d’un grand papetier (Papyrus, pour ne pas le nommer) afin de partager avec de jeunes imprimeurs notre expérience acquise en Roumanie...
Papyrus, avec le concours de quelques-uns de ses partenaires, a eu l’idée géniale de mettre en place un programme de formation professionnelle baptisé « Next Generation Printers Academy » à destination des jeunes imprimeurs « héritiers »... Traduisez : les fils et les filles de patrons du secteur de l’imprimerie qui ont choisi de reprendre les rênes de l’entreprise familiale.
L’idée sous-jacente, simple et futée à la fois, part du principe observé par le papetier que lors de la reprise, la probabilité de changer de fournisseur de papier était particulièrement forte... Peut-être en raison du fait que les jeunes et nouveaux patrons, pour tenter d’imprimer leur marque, tendent à bousculer les règles et les choix établis par leurs prédécesseurs : ainsi, ils auraient tendance à négocier plus fermement et à changer de fournisseur dans le but de démontrer ainsi leur valeur ajoutée... Pour y remédier, et pour graver son nom dans les esprits, Papyrus a donc trouvé une idée originale et stratégique : proposer à ces nouveaux chefs d’entreprise un programme de formation éclectique composé d’une série de modules organisés à chaque fois dans une grande ville européenne. Pour nourrir encore l’intérêt de ces sessions, chaque module est assorti de visites d’entreprises locales et de conférences.
C’est dans ce cadre que l’organisateur m’a demandé de participer pour partager, à l’occasion de la session de Cracovie, notre expérience acquise dans le développement de nos métiers en Roumanie depuis près d’un an maintenant. J’ai ainsi entretenu la trentaine de participants des raisons qui ont motivé notre intérêt -en général- pour un développement en Europe de l’est et -en particulier- en Roumanie, des avantages du marché roumain, des facteurs importants pour la réussite du projet, de nos objectifs à court et moyen termes, ...
Ce voyage m’a ainsi donné l’opportunité de partager nos expériences, mais aussi de profiter de celles d’autres entrepreneurs, de participer aux différentes visites et d’écouter (attentivement) les présentations des autres orateurs invités. Ceux-ci, pour la plupart des Polonais, sont intervenus -par exemple- sur des thématiques relatives au marché de l’industrie graphique en Pologne ou aux changements induits par l’intégration dans l’Union Européenne, ou encore dans des présentations à caractère plus financier... Je dois dire que, d’un point de vue général, j’ai trouvé le niveau de ces présentations parfois un peu faible. Principalement au niveau financier. J’ai notamment remarqué des imprécisions (des tableaux réalisés à partir de moyennes disparates) qui ne cadrent pas du tout avec les standards financiers que nous utilisons.
L’intérêt du voyage et de cet original programme de formation résidait également dans les visites d’entreprises locales. Trois imprimeries faisaient partie du planning de ces deux journées. Deux entreprises nationales (actives entre autres dans l’offset feuilles) et une grande multinationale étrangère : Donnelly, active dans l’offset rotative, le plus grand poisson du secteur. Ces trois visites se sont révélées particulièrement intéressantes. Ce qui m’a surtout frappé, c’est que les deux entreprises polonaises disposaient d’un parc machines de grande qualité mais souffraient de bâtiments très inadaptés à des productions industrielles. Visiblement, les infrastructures (et donc les flux) n’avaient pas du tout été pensées pour accueillir les activités qu’elles abritaient aujourd’hui. De plus, même si le savoir-faire technique était bien présent, il y avait un besoin évident d’améliorer les processus de production. A l’opposé, l’ampleur des moyens déployés par Donnelly dans son site de production était éblouissante. Rationalisation des processus et intégration des productions étaient au rendez-vous. Le tout dans un environnement de travail sécurisé et d’une propreté exemplaire. L’image parfaite de l’organisation typique de la grande multinationale. Nous avions affaire, de toute évidence, à des entreprises qui ne jouaient pas du tout dans la même division. Les deux premières étaient tournées vers le marché intérieur. Donnelly, quant à elle, focalisée sur l’export. Ceci conforte encore, je le crois, mon opinion selon laquelle il y a décidément beaucoup à entreprendre dans les pays de l’Est pour des acteurs de taille moyenne mais disposant d’une rigueur d’organisation et d’une certaine capacité d’investissement.
Dans une toute prochaine note, je vous entretiendrai plus particulièrement des différents points évoqués dans ma présentation lors de cette session et du résultat de notre expérience personnelle en Roumanie...