Elle est longue et difficile la route de l’IPO. Oui, mais tellement passionnante aussi ! Pleine de découvertes et de défis à relever...
La dataroom, notre base de données d’informations globales sur l’entreprise, était maintenant mise en place. Parallèlement à ce travail de titan, une autre mission capitale à la réussite du projet nous accaparait : le choix du lead manager qui allait mener l’opération. Dans le jargon, on appelle cela le beauty contest... L’expression est plutôt bien choisie. Il s’agit en effet presque d’un véritable concours de beauté dans lequel l’entreprise candidate reçoit tour à tour des partenaires potentiels. L’enjeu de ce choix est capital puisque, au final, le succès de l’opération en dépend.
Première étape : présenter l’entreprise et son projet d’introduction à une sélection de banques et de sociétés de bourse. Pour cela, nous ne disposions pas de ressources en interne justifiant d’une expertise dans ce domaine particulier. Pour conduire cette mission délicate, nous avons donc fait appel à un consultant externe (la société Nextcap en la personne de Raphaël Abou). Souvent, l’on confie également à cet intervenant la charge de la rédaction du prospectus. Mais nous tenions à ce que ce travail soit réalisé en interne. Le cadre de son intervention était donc clairement défini au processus de sélection.
Nous avons ainsi rapidement rencontré des représentants de grandes banques telles que ING, Fortis, KBC ou Dexia, des sociétés de bourse telles que Leleux Associated Brokers et des private bankers tels que Degroof Corporate Finance. Et comme toujours avec les banquiers, les négociations se révélèrent ardues. Trouver un intermédiaire qui accepte de conduire l’introduction est une chose. Le faire avec des conditions acceptables au niveau des frais en est une autre. Certaines institutions réclamaient d’entrée de jeu des forfaits qui n’entraient absolument pas dans le cadre de ce que nous voulions dépenser. Au cours du développement de l’entreprise, nous avons toujours été vigilants sur les coûts ; cela fait partie de notre culture. Nous sommes aussi restés fidèles à cette stratégie lors de l’IPO. Il a donc fallu composer et trouver un terrain d’entente.
Le processus de valorisation est en soit un point de discussion épineux. En tant que chef d’entreprise, on estime naturellement la valeur de sa société sur des critères différents de ceux d’un observateur extérieur. On envisage la valeur des actifs, le potentiel de développement, la valeur ajoutée des services... Mais aux yeux de certains analystes, le simple fait que le secteur d’activité soit plus ou moins sexy, par exemple, joue avec une grande importance. Nous sommes des industriels, avec des usines, des cols bleus, des machines. Tout ça est bien loin du design, des nouvelles technologies et de la magie du marketing... C’est une réalité de marché qu’il faut pouvoir appréhender.
Une fois que l’on s’est entendu sur les questions de commission, le tandem entre le candidat et son lead manager peut enfin se mettre en marche. Je vous l’avais déjà dis dans les lignes d’un précédent épisode, c’est à la Banque Degroof que nous avons finalement accordé notre confiance. Le rôle du lead manager est important lors d’une IPO. C’est lui qui prend en charge -par exemple- le placement.
A noter également une importante particularité propre à Alternext : l’obligation imposée à l’entreprise de s’adjoindre aussi les services d’un listing sponsor agréé par Euronext. Ici encore, c’est Degroof qui assura pour nous cette fonction. Le listing sponsor a pour mission de veiller à ce que l’entreprise respecte ses engagements de transparence ainsi que ses autres obligations d’entreprise cotée. Bref, son rôle de conseil consiste aussi à renforcer la confiance des investisseurs.