Je vous le disais au fil des lignes de l’Episode 1, la route de l’IPO est longue et difficile. Nombreuses sont les barrières à faire tomber avant de parvenir au but et de passer dans la division supérieure parmi les sociétés cotées.
Pour notre part, nous avons donc choisi d’entrer en bourse sur le marché Alternext. Je pense qu’il est particulièrement important de choisir la place qui convienne à la fois à la taille et aux ambitions, aux projets de l’entreprise candidate. Mais pourquoi et qu’est-ce qui a motivé notre décision ? Clairement, le but de l’opération était de réaliser une augmentation de capital. Il n’était pas question pour les actionnaires « historiques » de l’entreprise de vendre leur participation. L’objectif était de lever de nouveaux capitaux pour financer nos nombreux projets de croissance. A l’époque, au début de cette année, Euronext envisageait de lancer à Bruxelles un marché intermédiaire, tel qu’il existait déjà sur la place de Paris, destiné aux PME d’une certaine taille et en forte croissance. Un concept qui nous allait comme un gant. Euronext a concrétisé son projet dans les temps et nous sommes entrés -les premiers- sur ce nouveau segment belge le 15 juin 2006.
Plus qu’une simple question de taille d’entreprise, Alternext nous convenait particulièrement car il répondait également à nos attentes en termes de communication financière et de transparence. Les exigences de ce segment sont en effet plus importantes que sur le Marché Libre mais quelque peu moins contraignantes que sur Eurolist (notamment au niveau comptable, puisque Alternext ne requiert pas la transposition des comptes en norme IFRS). Les exigences d’Alternext garantissent toutefois une information de qualité aux investisseurs. Ce qui nous intéressait donc dans ce marché, c’est qu’il tendait à regrouper des entreprises qui évoluent plus ou moins dans la même catégorie, celle des grandes PME.
Mais ouvrir son capital à l’investissement public (sur quel que marché que ce soit) est une aventure dans laquelle on ne se lance bien évidemment pas seul. Si l’on veut donner les meilleures chances de succès à l’opération, il faut s’allier des partenaires de qualité. Nous avons voulu ici conserver la même stratégie que celle qui a prévalu tout au long de notre développement : travailler, dès le début, en collaboration avec des partenaires capables de nous apporter -dans des domaines pointus- les expertises que nous ne maîtrisions pas en interne. Je pense ici, par exemple, au processus de sélection de la banque qui allait nous accompagner au cours de l’opération (ce que l’on appelle dans le jargon le beauty contest).
Autre point particulièrement important : nous avons -dès le départ du projet- entretenu de nombreux contacts avec les équipes d’Euronext et de la CBFA. Nous ne voulions pas perdre de temps et devions donc être certain d’être directement sur les bons rails.
Pour le choix définitif de nos partenaires, c’est donc vers des grands standards du marché que notre coeur a finalement penché. Banque Degroof en qualité de Listing Sponsor et le cabinet Nautadutilh comme conseil juridique. Des pointures dans leurs secteurs respectifs. Mais ici aussi, c’est surtout la qualité des relations intuitu personae qui fait bien souvent la différence. Au niveau du conseil juridique, par exemple, nous avions avant tout la volonté de travailler avec un partenaire en particulier, Maître Benoît Feron (pour ne pas le nommer). C’est lui qui a, en grande partie, motivé notre choix vers Nautadutilh.
Une fois ces partenaires choisis, il a -bien évidemment- fallu négocier dur... Comme je vous le disais dans l’Episode 1, il n’était pas envisageable d’engloutir 10 ou 15% de la levée de fonds en frais et commissions divers. Nous avons ainsi réalisé nous mêmes, en interne, une bonne partie du travail : la rédaction du prospectus, par exemple (l’une des conditions sine qua non à la réalisation de l’opération), mais aussi la coordination et la supervision des modifications des statuts de l’entreprise et, au niveau financier, la collecte de toute l’information nécessaire à la réalisation des audits du commissaire reviseur. Ce fut là, peut-être, l’une des plus grandes épopées de l’aventure IPO. Cela a nécessité une somme de travail colossale pour nos équipes de comptables et de financiers. Tout a été passé au peigne fin ! Nous avons été obligé de renforcer notre département financier tant le travail demandé était astronomique. Disons qu’il s’agit là d’une partie des coûts cachés d’une IPO. Car même en conservant un esprit économe, une introduction en bourse coûte cher, très cher. Au final, en prenant en considération l’ensemble exhaustif des frais liés à l’opération (les commissions et honoraires de la banque et du cabinet juridique ; la contribution au fonctionnement de la CBFA ; les honoraires des consultants ; les frais relatifs à l’admission des titres sur Euronext, puis à leur impression ; les coûts liés à la réalisation, la traduction et la fabrication des prospectus, les frais liés à l’organisation des roadshows ; les coûts de la publication des insertions légales dans la presse pour l’ouverture et la clôture de l’opération ; jusqu’à aux frais occasionnés par les actes notariés nécessaires aux modifications de statuts ...) on atteint, dans le cas de notre IPO quelque 360.000 euros, soit un peu plus de 7% des fonds levés.
Vous comprendrez dès lors aisément, qu’à ce niveau, une ferme négociation de prix peut avoir un impact non négligeable...