La reprise d'entreprise est un thème très en vogue en ce moment. On en parle dans la presse, dans les Chambres de Commerce, dans les événements professionnels, … L'édition 2005 du Salon des Entrepreneurs qui s'est tenu les 23 et 24 mars sur le site de Tour & Taxis à Bruxelles y a consacré un programme de conférences intitulé : "Reprendre, c'est aussi entreprendre". Je trouve la formule particulièrement éloquente et juste.
Les organisateurs m'ont demandé d'y participer en apportant l'expérience concrète de mon vécu professionnel. J'ai bien évidemment accepté la proposition. Il est toujours intéressant de rencontrer d'autres entrepreneurs et d'échanger des idées. Je leur ai parlé du développement d'EVADIX : de la reprise des 2 premières activités jusqu'à celle de Casterman Imprimerie, en passant par les créations aussi. Il est vrai que ces 5 dernières années ont été un concentré extraordinaire d'expériences en matière de reprises et de créations d'entreprises (5 reprises, 3 créations, et 2 projets de reprise non aboutis).
On oppose d'ailleurs très souvent les processus de création et de reprise. Il est vrai que les implications de ces deux options sont fondamentalement différentes. Cependant, je pense que toutes deux ont en commun l'essentiel : la soif d'entreprendre. Mais la reprise est un jeu dangereux dont il vaut mieux connaître les règles. Lorsque l'on crée une nouvelle entreprise, les choses sont claires : on démarre de zéro. C'est un processus relativement long. Par contre, lorsque l'on reprend une entreprise, les choses vont beaucoup plus vite. Même si l'entreprise est en difficulté, voire en faillite, on reprend un outil de travail et aussi l'inestimable capital-expérience du personnel. Mais attention : dans le processus de reprise, impacts fiscaux, conflits sociaux, faiblesse de trésorerie sont autant de pièges auxquels il faut prendre garde. L'objectif du candidat-repreneur est simple : limiter les risques.
Une fois la reprise formalisée, la première chose à mettre en place, c'est la stratégie. Elle doit être simple, claire et comprise par tous les membres de l'entreprise. De l'ouvrier au directeur général, tous doivent être responsabilisés. Les règles du jeu sont claires : management, personnel et syndicats ont un objectif commun : assurer la rentabilité de l'entreprise, et de là, sa pérennité.
Reprendre une entreprise, finalement, c'est capitaliser sur son passé, pour développer son avenir. Et aujourd'hui, en Wallonie, force est de constater que les opportunités de reprise ne manquent pas. Il existe de nombreuses PME, en difficulté ou pas, dont le savoir-faire, le capital-expérience, les produits, et le marché ne manquent pas d'intérêt. Et puis, il faut être honnête, certains patrons ont atteint leur niveau d'incompétence. Certains ont hérité de la société de leurs aïeuls, d'autres ont été des créateurs mais, pour tout un ensemble de très bonnes raisons, ceux-ci ne sont plus en mesure de diriger leur entreprise de manière optimale aujourd'hui. Les nouvelles règles du business, la mondialisation, les nouvelles technologies y sont certainement pour beaucoup. Souvent, il arrive aussi que ces patrons refusent de s'entourer des hommes qui détiennent les compétences qui leur font défaut. Et l'entreprise glisse alors doucement sur la pente du déclin. C'est très dommage. On parle ici de savoir-faire et d'emplois qui se perdent.
Etre un entrepreneur aujourd'hui, ce n'est donc pas uniquement être un créateur de nouvelles sociétés. C'est peut être aussi devenir un repreneur d'entreprise. Ce n'est pas plus ou moins facile. C'est tout simplement une autre approche qui mérite toute l'attention des nouveaux chefs d'entreprise.
Réponse à Maurice :
Il y a une chose très importante quand on crée un business : il faut bien s'entourer.
PS: autre petit conseil : si vous devez contracter un emprunt auprès d'une banque pour vous lancer, mieux vaut leur écrire une lettre en français plutôt qu'en patois tournaisien... ça peut aider :)))
Rédigé par: Pascal Leurquin | 11/04/2005 à 15:42
Mi ej voudros vot avis à vous ches pros deu business. Ej voudro vinde des frites dins inne camionnette ou inne tiote auto au bord ed ches routes. Ches possobe ou non. Mi in tout cas j'aimeros bin.
Rédigé par: maurice | 10/04/2005 à 00:30
2 excellents bouquins à recommander :
- "La transmission d'entreprises en pratique" Gilles Lecointre (Gualino éditeur /Paris 2005)
Et plus spécialement pour Bruno :
- "Successful Business Expansion" Philip S. Orsino (Wiley 1994)
Tous les 2 très pragmatiques ...
Rédigé par: Michel Parmentier | 09/04/2005 à 17:34
Pour ma part, j'ai fait le pas il y a un peu moins de deux ans. Cadre dans une grande entreprise (depuis 17 ans), j'ai toujours eu l'idée de faire mon propre business (il faut dire que j'ai vécu dans une famille d'indépendants). Après plusieurs années de recherches plus ou moins intenses, j'ai finalement fait le saut. Et je ne le regrette pas. Une chose que je peux conseiller à Vincent est que, une fois tout bien étudié, si les conclusions sont positives, il faut y aller... et ne pas trop se poser de question si on fait le bon choix.
Par ailleurs, je serais intéressé à rencontrer d'autres personnes qui ont fait le pas afin de mettre en commun des réflexions ou des pratiques.
Merci de partager vos expériences.
Rédigé par: Jean-Noël | 09/04/2005 à 15:15
En phase de closing d'un LBO, mon blog est actuellement consacré à cette aventure. Je cherche des livres sur la stratégie d'après acquisition. En connaissez-vous ?
Rédigé par: Bruno | 07/04/2005 à 10:55
Merci pour cette note, claire et limpide.
Je pense de plus en plus reprendre une entreprise, enfin, je n'en suis qu'à la phase initiale de la réflexion. Il faut maintenant transformer cette réflexion, rapidement, en quelque chose de concret...
Vincent
Rédigé par: Vincent Sellitto | 06/04/2005 à 16:54